Selon lui, il y a 3 compétences indispensables chez un entraîneur : la pédagogie, afin d’enseigner et de transmettre sa passion ; la patience, car tous les boxeurs n’évoluent pas au même rythme ; et enfin, avoir suffisamment de connaissances, qu’elles soient pratiques ou théoriques, avec une forte base sur le corps humain afin d’éviter que les gens ne se blessent lors de l’entraînement. D’où l’intérêt d’avoir un diplôme STAPS. Il précise que tout cela s’acquière au fil des années, que c’est à la portée de tous, il suffit de tester des choses et de faire des erreurs afin de trouver ce qui fonctionne.

Joel Anders, 26 ans, né en Suisse, a commencé la boxe à l’âge de 15 ans. À la suite d’un déménagement, n’ayant pas de possibilité de carrière, il se met très rapidement à donner des cours de muay thaï. Suite aux retour positifs et en voyant les demandes se multiplier, il a donc décidé de se lancer dans la création de son propre Gym, le Sentoo Muay Thaï Gym. N’ayant pas eu l’opportunité de faire des études, une part importante de ses connaissances a été acquise par la lecture et un maximum de pratique. Cela lui a notamment valu d’être beaucoup critiqué à ses débuts, de part un « manque d’expériences et de compétences ». Toutefois, grâce à son travail, sa persévérance, mais également ses voyages en Thaïlande, où il a pu obtenir un diplôme en 2017, il est parvenu à créer un des clubs les plus actifs de Suisse

Lorsqu’on va s’entraîner au Sentoo, on constate que les adhérents viennent de tous les horizons, que ce soit en termes d’âge ou de niveau. Il travaille également avec des personnes en situation de handicap physique et mental.

« Cela fait bientôt 10 ans que j’enseigne la boxe thaï, je ne peux pas m’en passer mais je pense qu’il est essentiel de se renouveler, d’où l’ouverture de notre deuxième salle, elle va nous permettre de nous élargir, et la prépaparation physique reste de toute façon complémentaire à la boxe. »

Le cliché du boxeur tend à disparaître au fils du temps. Selon lui, ceux qui viennent s’entraîner ont surtout la volonté de déstresser, d’évacuer la pression mais aussi d’apprendre à se défendre. Depuis quelques années, il a pu observer un afflux important de femmes qui viennent s’entrainer, pas uniquement au Sentoo mais dans tous les clubs. Par ailleurs, il trouve intéressant d’emmener une boxeuse sur le ring. En effet, elles ont une combativité différente de celle d’un homme, ce qui permet de travaillersur d’autres aspectslors de leur préparation physique. Comme la plupart des chefs d’entreprise, il a été confronté à des difficultés et à souvent dû modifier les perspectives concernantson évolution. Au cours de ses nombreuses années en tant qu’entraineur, il a pu constater quelques inconvénients à travailler dans le monde du sport. Tout d’abord, au niveau de la vie sociale, dans le sens où les heures de cours sont fixées sur le temps libre des clients.

Cela lui demande beaucoup d’organisation entre ses cours publics et privé, en raison d’un planning constamment en mouvement. Ensuite le salaire, du fait que tous les frais restent à sa charge, quand il se déplace sur une compétition par exemple. Toutefois, la quantité de travail reste moins importante qu’une personne qui travaille 8h dans un bureau. Le revenu dépend donc beaucoup de soi, il suffit de s’en donner les moyens, en trouvant la bonne stratégie. Il a déjà eu l’occasion de travailler avec une école privée en tenant des camps sportifs pour des enfants sur une semaine, ou encore de s’occuper de la préparation d’une équipe de foot pendant plusieurs mois. Par la suite, il compte développer au maximum la salle de la Sarraz, mais a également comme projet la création d’une seconde salle, pour cibler sur une nouvelle clientèle.